Le Protagoras, ou Les Sophistes


Read by René Depasse

(4.3 stars; 3 reviews)

Des 40 dialogues de Platon, Le Protagoras (ou Les Sophistes) est un des plus riches et son intérêt historique et philosophique se double de la peinture savoureuse du monde des sophistes.
L’ouvrage aborde la question de la vertu : peut-elle s’enseigner ? Pour Socrate elle ne peut s’enseigner à la manière des sophistes ; Protagoras, sophiste de valeur aux yeux mêmes de son adversaire, réfute Socrate et se lance alors dans un discours magistral applaudi par tous ses collègues. Alors Socrate pose une question qui va enflammer le débat : La vertu est-elle une en soi, ou comprend-elle des parties distinctes ? Selon lui, s’il est en effet difficile mais possible de devenir vertueux pour un temps, il est en revanche impossible de l’être perpétuellement…
Après plus de deux heures d’échanges d’arguments, Socrate tire cette conclusion :

« Et il me semble que la conclusion dernière de notre discussion s’élève contre nous, comme une personne, et se moque de nous, et que, si elle pouvait parler, elle nous dirait : Vous êtes bien inconséquents, Socrate et Protagoras : toi qui soutenais d’abord que la vertu ne saurait s’enseigner, tu t’empresses maintenant de te contredire en t’évertuant à démontrer que tout est science, et la justice, et la tempérance, et le courage, d’où il résulterait que la vertu peut fort bien s’enseigner. Si, en effet, la vertu était autre chose que la science, comme Protagoras a tâché de le prouver, il est clair qu’elle ne saurait être enseignée. Si au contraire elle se ramène exactement à la science, comme tu as à cœur de le prouver, Socrate, il serait bien extraordinaire qu’elle ne pût être enseignée. De son côté Protagoras, après avoir admis d’abord qu’elle pouvait s’enseigner, semble à présent au contraire prendre à tâche de démontrer que la vertu est pour ainsi dire tout plutôt que science, d’où il suivrait qu’elle est rebelle à tout enseignement. »
Et l’entretien n’est pas fini…

Sauf aux habitués et aux fervents de la maïeutique socratique, il est conseillé de prévoir quelques pauses pour ne pas perdre le fil de certains raisonnements !

Traduction : Émile Chambry (1864-1938).

(2 hr 54 min)

Ce livre appartient à la collection Litterature Audio

Chapters

Chapitre 01 59:26 Read by René Depasse
Chapitre 02 44:47 Read by René Depasse
Chapitre 03 1:05:16 Read by René Depasse