Sur les coches (Essais III, 6)


Read by René Depasse

Le chapitre 6 du Livre III Sur les coches (où il est très peu question de voitures) illustre bien cet aveu de Montaigne : « Cette farcissure est un peu hors de mon thème. Je m’égare, mais plutôt par licence que par mégarde. Mes fantaisies se suivent, mais parfois c’est de loin, et se regardent, mais d’une vue oblique. [...] Les noms de mes chapitres n’en embrassent pas toujours la matière. »
L’auteur parle aussi du mal de mer, mais l’essentiel porte sur la conduite des souverains et l’attitude inqualifiable des colonisateurs :

« Quand je considère l’ardeur indomptable avec laquelle tant de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants se sont exposés tant de fois à des dangers inévitables pour la défense de leurs dieux et de leur liberté, et cette noble obstination à supporter les pires extrémités et difficultés, et même la mort, plutôt que de se soumettre à la domination de ceux par qui ils ont été si honteusement trompés. [...] C’était un monde encore dans l’enfance, et pourtant nous ne l’avons pas dressé ni plié à nos règles par la seule vertu de notre valeur et de nos forces naturelles. Nous ne l’avons pas conquis par notre justice et notre bonté, ni subjugué par notre magnanimité. Au contraire, nous avons exploité leur ignorance et leur inexpérience pour les amener plus facilement à la trahison, à la luxure, à la cupidité, et à toutes sortes d’inhumanités et de cruautés, à l’exemple et sur le modèle de nos propres mœurs ! A-t-on jamais mis à ce prix l’intérêt du commerce et du profit ? »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

(0 hr 52 min)

Ce livre appartient à la collection Litterature Audio

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