Des livres (Essais II, 10)


Read by René Depasse

« Si tel livre m’ennuie, j’en prends un autre, et ne m’y replonge que dans les moments où l’ennui de ne rien faire me prend. »

Dans l’Essai Des livres (Livre II, Chapitre 10), Montaigne nous dit ses préférences ; la littérature contemporaine (Boccace, Rabelais, Jean Second) ne le passionne pas ; il met bien au-dessus ses chers Anciens, admire spécialement Plutarque et Sénèque et privilégie certains poètes : « je dirai qu’il m’a toujours semblé qu’en matière de poésie, Virgile, Lucrèce, Catulle et Horace étaient au premier rang, et de loin. Et tout particulièrement Virgile avec ses Géorgiques, que j’estime être l’ouvrage le plus accompli de la poésie. » Il trouve Plaute supérieur à Térence.

Ces deux jugements sur Cicéron et Platon nous surprennent cependant :
« Mais si je dois dire hardiment la vérité, la façon d’écrire de Cicéron me semble ennuyeuse, et même tout ce qu’on trouve chez lui. »
« Ai-je le droit, à notre époque, d’avoir cette audace sacrilège : trouver longuets les dialogues de Platon lui-même, qui finissent par étouffer ce qu’il veut dire, et déplorer que cet homme, qui avait de bien meilleures choses à dire, passe autant de temps à ces discussions préparatoires si longues et tellement inutiles ? Mon ignorance me fournira une excuse, si je dis que je ne vois rien de beau dans sa façon d’écrire. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

(0 hr 40 min)

Ce livre appartient à la collection Litterature Audio

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