Le Duc de l’Omelette – L’Homme sans souffle


Read by René Depasse

Le Duc de l’Omelette (1832) est un des Derniers Contes et L’Homme sans souffle (1832) fait partie des Contes grotesques, mais tous deux relèvent du fantastique et souvent du farfelu, comme beaucoup de nouvelles d’Edgar Poe.
Ainsi ce dialogue comique entre Sa Majesté le diable et le duc :
« « Allons, monsieur, déshabillez-vous. »
« Me déshabiller ? — Ce serait vraiment du joli, ma foi ! — Non, monsieur, je ne me déshabillerai pas. Qui êtes-vous, je vous prie, pour que moi, Duc de l’Omelette, Prince de Foie-gras, qui viens d’atteindre ma majorité, moi, l’auteur de la Mazurkiade, et Membre de l’Académie, je doive me dévêtir à votre ordre des plus suaves pantalons qu’ait jamais confectionnés Bourdon, de la plus délicieuse robe de chambre qu’ait jamais composée Rombert — pour ne rien dire de ma chevelure qu’il faudrait dépouiller de ses papillottes, ni de la peine que j’aurais à ôter mes gants ? »
« Qui je suis ? » dit sa Majesté. — « Ah ! vraiment ! Je suis Baal-Zebub, prince de la Mouche. Je viens à l’instant de te tirer d’un cercueil en bois de rose incrusté d’ivoire. » »
Finalement, le duc, qui avait provoqué Satan en duel, lui propose une partie d’écarté.

Ou ces réflexions d’un pendu par erreur :
« Je m’abstiens de dépeindre mes sentiments de pendu. Pourtant je pourrais sans doute en dire long. Le sujet n’a été jusqu’ici que piètrement traité. En fait, pour écrire sur cette matière, il faut soi-même avoir passé par le gibet. Tout auteur devrait se borner à ce qu’il connaît par expérience. C’est ainsi que Marc Antoine composa un libelle sur l’ivrognerie.
Cependant je ferai aussi bien de dire tout de suite que, quant à mourir, je ne mourus pas. Mon corps était bien suspendu, mais non pas mon souffle, que j’avais perdu. » (L’Homme sans souffle)

Traductions : Félix Rabbe (1840-1900) pour Le Duc de l’Omelette, Émile Hennequin (1858-1888) pour L’Homme sans souffle.

(0 hr 50 min)

Ce livre appartient à la collection Litterature Audio