Conte pour commencer gaiement l’année – Clopinel


Read by René Depasse

Comme Crainquebille, ces deux textes appartiennent au recueil Opinions sociales publié en 1902 par Anatole France.

Conte pour commencer gaiement l’année est une étude des vraies notions de « richesses » et de « pauvreté » auxquelles s’ajoutent des réflexions qu’on peut se faire cent treize ans plus tard :
« Est-il bon que la condition des pauvres soit supportable ? La pauvreté est indispensable à la richesse, la richesse est nécessaire à la pauvreté. Ces deux maux s’engendrent l’un l’autre et s’entretiennent l’un par l’autre. Il ne faut pas améliorer la condition des pauvres ; il faut la supprimer. »
« Le socialisme est assez à la mode. C’est une élégance. Je ne parle pas, bien entendu, du socialisme de Guesde, ni du socialisme de Jaurès ; mais d’un bon socialisme que les gens du monde opposent avec à-propos et esprit au collectivisme. »

Clopinel est le nom d’un mendiant à qui M Bergeret fait l’aumône, geste qu’il juge humiliant et qui l’entraîne dans une longue discussion sociale avec sa fille :
« – Et comment faire cesser l’iniquité sociale, mon père ? Comment changer le monde ?
- Par la parole, mon enfant. Rien n’est plus puissant que la parole. L’enchaînement des fortes raisons et des hautes pensées est un lien qu’on ne peut rompre. La parole, comme la fronde de David, abat les violents et fait tomber les forts. C’est l’arme invincible. Sans cela le monde appartiendrait aux brutes armées. Qui donc les tient en respect ? Seule, sans armes et nue, la pensée.
Les transformations sociales s’opèrent, comme dans l’ordre naturel, insensiblement et sans cesse. L’homme timide redoute, comme un cataclysme futur, un changement commencé avant sa naissance, qui s’opère sous ses yeux, sans qu’il le voie, et qui ne deviendra sensible que dans un siècle. »

Le siècle est passé…

(0 hr 39 min)

Ce livre appartient à la collection Litterature Audio