Sur la ressemblance des enfants avec leurs pères (Essais II, 37)


Read by René Depasse

Le dernier long chapitre 37 du Livre II Sur la ressemblance des enfants avec leurs pères devrait plutôt s’appeler De ma haine pour la médecine.

« Mes ancêtres avaient la médecine en aversion par quelque disposition occulte et naturelle : la seule vue des médicaments faisait horreur à mon père » (justification du titre de l’essai)… « C’est une chose précieuse que la santé, et la seule, en vérité, qui mérite qu’on emploie, non seulement son temps, sa sueur, sa peine, ses biens, mais sa vie elle-même pour essayer de l’atteindre ; d’autant que sans elle, la vie nous devient pénible et insupportable… C’est l’expérience qui me rend craintif : car d’après ce que je peux savoir, je ne vois personne qui soit si tôt malade et si tard guéri que celui qui est soumis à la juridiction de la médecine. Sa santé est altérée et gâtée du fait de la contrainte imposée par les régimes. Les médecins ne se contentent pas de régner sur la maladie, ils rendent malade la santé elle-même, pour faire en sorte qu’on ne puisse absolument pas échapper à leur autorité… Platon avait bien raison de dire qu’il n’appartient qu’aux médecins de mentir en toute liberté, puisque notre salut dépend de la vanité et de la fausseté de leurs promesses » etc, etc…

Il termine heureusement, pour se faire pardonner, (et cette réflexion vaut pour tous les Essais) par :

« Ceux qui aiment notre médecine peuvent aussi avoir là dessus des points de vue qui soient valables, grands et solides. Je ne hais pas les opinions contraires aux miennes. Cela ne m’effraie pas du tout de voir de la discordance entre mes jugements et ceux d’autrui, et je ne me coupe pas pour autant de la société des hommes qui ont un autre point de vue et sont d’un autre parti que le mien. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

(1 hr 35 min)

Ce livre appartient à la collection Litterature Audio