Que le désir s’accroît par la malaisance (Essais II, 15)


Read by René Depasse

Voici quelques phrases-clés du chapitre 15 du Livre II Que le désir s’accroît par la malaisance :

« Il en va ainsi dans tout : la difficulté donne du prix aux choses. »

« Nous interdire quelque chose, c’est nous en donner envie. Et nous l’abandonner tout à fait, c’est nous amener à la mépriser. Le manque et l’abondance aboutissent au même inconvénient. »

En amour : « À quoi sert l’art de cette pudeur virginale, cette froideur réservée, cette mine sévère, cette ignorance ostensible des choses que les femmes connaissent mieux que nous qui les en instruisons, sinon pour accroître notre désir de vaincre, de dominer, et de faire plier devant nos appétits toute cette cérémonie, et tous ces obstacles ? »

Dans la vie quotidienne : « Les serrures attirent les voleurs ; le cambrioleur passe devant les maisons ouvertes sans y entrer. » Qu’il soit facile d’entrer dans ma maison la protège peut-être, entre autres moyens, des violences de nos guerres civiles. La défense attire l’entreprise, et la défiance attire le mauvais coup. »

Traduction en français moderne de Guy de Pernon.

Illustration : Louis-Désiré Thiénon, Saint-Michel de Montaigne (détail).

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Ce livre appartient à la collection Litterature Audio