La rémunération des professeurs est la condition de la liberté de l’enseignement


Read by Ludovic Coudert

(5 stars; 3 reviews)

Dans son numéro du 19 octobre 1902, le journal La Raison publiait un article d’un certain Henry Bérenger, dans lequel celui-ci attaque les « intellectuels ». Au détour d’une phrase, il laisse tomber ces mots sur un professeur de philosophie à l’université, Mr Célestin Bouglé : ce dernier serait, comme universitaire, selon Bérenger, « subventionné par l’État ». Ces mots vont être l’occasion d’une mise au point cinglante de la part de Péguy, sur le sens des mots « subventionné » et « rémunéré », dans les Cahiers de la quinzaine qui suivent.

Péguy rappelle – n’est-ce pas vrai encore de nos jours ? – qu’en faisant le choix d’une carrière dans l’enseignement, les maîtres renoncent à une vie qui donnerait « une situation financière brillante [...] dans l’industrie ou dans le commerce ». Péguy n’est pas dans la position de celui qui défendrait son salaire, puisque lui-même vit (tant bien que mal d’ailleurs) de son métier de journaliste. Il entend défendre le principe non négociable de la liberté de l’esprit, qui doit fonder un enseignement, parce qu’il est une condition indispensable d’une recherche philosophique sérieuse. Péguy formule donc deux principes essentiels pour une école digne de ce nom : enseigner bien sûr la vérité, mais aussi, bien payer les professeurs.

(0 hr 4 min)

Ce livre appartient à la collection Litterature Audio